vendredi 13 février 2026

Chants de déraison

Quand la mort l’a surpris (crise cardiaque), le 26 mars 2016, chez lui, à Patagonia en Arizona, Jim Harrison était, comme souvent, en train d’écrire un poème. S’il s’est fait connaître par ses romans, c’est en effet la poésie qui l’aura constamment accompagné. Treize recueils ont été publiés entre 1965 et 2016. Chants de déraison (2011) est l’avant-dernier.

« Presque toute ma vie j’ai remarqué que certaines de mes pensées étaient ataviques, primitives, totémiques. C’est parfois perturbant pour un homme plutôt cultivé. Dans cette suite j’ai voulu examiner ce phénomène. »

La suite en question, intitulée Suite de la déraison, est constituée de poèmes brefs conçus à partir de réflexions, de souvenirs fugaces, d’instants rêvés, espérés ou imaginés, de rencontres furtives, de tourments, d’inquiétudes quant à la santé de ses proches ou de la rassurante vitalité des animaux qu’il croise. Ce sont, en quelques vers à peine, des annotations pour mieux comprendre l’origine et le fil de ses pensées.

« Il y a des années quand je rentrais au chalet
après une soirée au saloon
je grattais les oreilles d’un ours
au menton posé sur la portière de la voiture. »

Ces textes figurent sur les pages de gauche du livre et alternent avec les poèmes qui leur font face, pages de droite donc, et qui attestent de la belle présence de l’homme Harrison, Big Jim heureux de marcher dans de vastes espaces sauvages, du Michigan au Montana ou en Arizona et de se sentir en osmose avec ces territoires secrets, loin de la foule, loin des rues, loin des voitures, loin des autoroutes, avec au-dessus de lui un ciel diurne ou nocturne, clair ou agité, et à ses pieds une rivière qui fut d’abord simple goutte d’eau et avec laquelle il dialogue tandis qu’elle continue de filer vers l’océan.

« Dernière excursion de l’année à la rivière. Ce soir je pense
aux truites nageant dans une parfaite obscurité sans lune,
naviguant dans le courant grâce aux infimes pointes d’épingles
des étoiles, le vent de la nuit ridant les remous,
et toujours, quand on met la tête sous l’eau
le bruit sourd des galets frottant les galets. »

Les principaux thèmes abordés dans ses romans et nouvelles (tout d’abord, comment habiter le monde sans l’abîmer, préserver les grands espaces, ne pas oublier les ancêtres) le sont aussi dans ses poèmes mais dans une approche différente, non plus fictive mais autobiographique, reliée à différents épisodes ancrés dans sa mémoire. Il revoit ainsi le poète qu’il fut à dix-neuf ans à New York.

« Le poète cherche un poème immortel
depuis son habituelle position intenable d’étudiant
licencié d’une université qui n’existe pas.
Il connaît trois constellations, cet expert
en étoiles, il remarque parfois la lune
en son premier quartier.
Admirable, il garde la tête haute
dans les vents polaires de la cité. Il boit
cent verres par mois, trois par jour et un peu plus
pour se donner du courage. »

Il repense à l’un de ses grand-pères qui "décéda attaché sous une brumeuse tente à oxygène", en 1948, une semaine après l’avoir emmené à la pêche. Il l’invite dans son poème et il fait de même avec sa sœur et son père fauchés lors d’un accident de la route en 1962.

« Tu as été enterrée à dix-neuf ans
dans du bois comme papa. J’ai consacré ma vie
à tenter d’apprendre le langage des morts.
Le gazouillis musical des minuscules pinsons jaunes
du jardin s’en approche beaucoup. »

Jim Harrison a un peu plus de soixante-dix ans quand il s’attelle à l’écriture de ses toniques Chants de déraison. De sérieuses alertes et quelques récents séjours à l’hôpital lui ont fait comprendre que le corps qui le porte, massif et costaud, qui a intensément vécu, est de plus en plus fatigué. La mort ne lui fait pas peur. "Avec la naissance c’est notre coup le plus marquant. / Nous devons y penser comme à la préparation du petit déjeuner." Il se demande toutefois qui elle est. Se pose d’étranges questions : "Robert Frost sait-il qu’il est mort ?". Le poète n’étant plus là pour lui répondre, il change de sujet, appelle ses chiens, enfile ses bottes et part respirer des bouffées d’air pur. Au retour, il écrira un nouveau poème, notera quelques-uns de ses désirs. Ce seront ceux d’un être qui a toujours su garder une bonne dose d’énergie en lui.

« Je désire ardemment
que mon épouse bien-aimée vive plus longtemps que moi,
que le vent souffle plus fort dans les robes d’été
des filles, je désire trois douzaines d’huîtres
et une bouteille de Pétrus 1985 au crépuscule,
fumer à nouveau une cigarette dans un bar, que mes filles
vivent jusqu’à cent ans si elles le souhaitent,
que je monte au ciel pieds-nus par un matin de printemps. »

Jim Harrison : Chants de déraison, traduits par Matthieu Mattieussent, éditions Le Réalgar, (collection Amériques). 

vendredi 6 février 2026

Les buveurs de bière

"La larme à l’œil et le sourire en coin, la barmaid, tel est le souvenir que j’en garde, marmonne et s’active. Elle décoche de temps à autre un regard agile au pélican jaune perché sur socle rouge – porcelaine assez kitsch, cadeau et emblème de la maison Pelforth – qui lui tient compagnie au bout du bar. Du père absent, (du nom gommé, du caveau vide) elle s’en fout. Il y a des lustres qu’il vit coincé dans des bois érodés, du corail sur le menton et des litres d’eau bleue plein les bronches. Il gît, inerte, entre lagons et dunes, dos recouvert d’une peau de morue, peinard, affalé, ventre gonflé au large de la Mauritanie. Évoquer sa présence au sud, entre les plis d’un linge de sable vrillé par le ressac, c’est pour elle, serveuse grise officiant en blouse vichy, l’occasion d’ouvrir une brèche au silence. Ou de décapsuler, si l’on préfère coller au mieux à la mémoire de l’ancêtre, une de ces bouteilles de bière, tremblotante de fraîcheur, sortie de sous les fagots secs de la cave. La vieille tapote le bec du pélican. L’autre garde son œil noir et pétillant.

- Ah, le père, le grand assoiffé, l’homme au gosier en pente, un petit coup de molaire (elle s’esclaffe) lui suffisait pour percer sa cannette !

Elle explique qu’il aimait lover le bock, le caresser, le caler entre sa paume et ses doigts tordus… Goulot doré, argenté… Étiquette alléchante avec anges, tonneaux cerclés, cheval d’écume, Père Noël hilare, moine joufflu ou femme aux seins rebondis aux avant-postes.

- Et de plus, à demi cinglé, dit-elle. Se toquant au houblon, divaguant haut et fort sur la magie amère de breuvages soi-disant brassés dans le secret des longères aux toits de brumes, au fin fond de la Belgique ou de l’Allemagne, peut-être même dans les faubourgs de Londres." (extraits).

Jacques Josse : Les Buveurs de bière, Quidam éditeur, collection Les nomades.

dimanche 1 février 2026

Café n° 7 : Résistances

Les traducteurs et les (nombreuses) traductrices de la septième livraison de la revue Café (Collecte Aléatoire de Fragments Étrangers) ont bâti ce nouveau numéro (180 pages) autour des Résistances. Le thème est vaste et est abordé sous différents angles, le premier résidant dans l’acte même d’écrire, de donner à lire, d’où que proviennent les voix, des séquences de vie qui touchent de près à la réalité.

Les auteurs / autrices qui figurent au sommaire sont nés en Tanzanie, en Somalie, en Serbie, en Palestine, en Grèce, en Finlande, au Kurdistan, au Brésil, au Tibet, en Tchéquie, au Bélarus, en Érythrée, en Chine et au Soudan. Dans beaucoup de ces pays, il ne fait pas bon résister. Il faut biaiser, trouver des subterfuges et s’en remettre aux subtilités que permet l’écriture.

C’est ce qu’expérimente à la perfection l’écrivain tibétain Thöndrupgyäl dans sa nouvelle Le Vieux Dur-d’esprit en racontant l’histoire d’un vieil homme qui résiste à l’envahisseur chinois en adoptant un comportement le faisant passer pour fou, ce qui le sauve.

Un contournement différent mais tout aussi efficace est adopté par la romancière palestinienne Ibtisam Azem dans Une ferme florale, extrait de son roman Le Livre de la disparition, qui montre l’incompréhension de Shimon, producteur de fleurs israélien qui ne comprend pas pourquoi les ouvrières de Cisjordanie qu’il embauche pour ses récoltes sont absentes ce matin-là.

« Shimon composa nerveusement le numéro de Nidal, le chauffeur et l’agent des ouvrières. Il faillit se casser un doigt à force d’appuyer avec véhémence sur les touches du téléphone. Pendant ce temps, le portable de Nidal vibrait sur la table de sa cuisine à côté d’un verre de thé rempli. Le sucre stagnait au fond du verre car son propriétaire ne l’avait pas remué. Le téléphone continuait à sonner et à vibrer, glissant lentement à chaque appel vers le rebord de la table, jusqu’à tomber par terre. »

La plupart des textes choisis ont pour personnages des êtres qui doivent composer avec la réalité sociale et politique du pays où ils vivent. C’est le cas des deux ballerines dont l’auteur tchèque Jan Nemec dévoile le quotidien dans les jours qui ont suivi l’offensive militaire russe en Ukraine. Sa nouvelle, Les Cygnes, se situe à Moscou où le mot guerre vient d’être banni du vocabulaire.

« Nous ne pouvons tout de même pas nous taire », a-t-elle dit. Mais nous ne pouvons pas parler non plus. Nous protesterons avec les moyens les plus russes, les plus tragiques et les plus inutiles ».

L’artiste et autrice bélarussienne Iryna Batakova se présente ainsi :

« A l’été 2021, j’ai quitté Minsk pour Kyiv et demandé l’asile politique. Le vingt-quatre février 2022 vers cinq heures du matin, j’ai entendu les explosions à Kyiv. Le même jour, j’ai appris que mon propre pays était devenu une place d’armes pour l’invasion de l’Ukraine. Depuis je vis avec cette souffrance au cœur. »

Elle écrit en russe et termine son poème en jurant d’oublier cette langue.

« Désormais vous apprenez à nous tuer sans employer le mot guerre
Et je ne veux pas prendre part à votre discours envenimé
Ni d’un verbe, ni d’un nom, ni d’un participe, ni d’un préverbe,
ni d’une préposition. Toutes vos prépositions sont des propositions de guerre
et toutes me révulsent. »

Ils sont plusieurs dans ce numéro à s’être exilé pour poursuivre leur résistance ailleurs. Ainsi, Abu Bakr Khaal, auteur érythréen qui, après avoir fui son pays, a vécu un temps en Libye, puis en Tunisie avant de se réfugier au Danemark. Les extraits de son roman Titanics africains (là-bas, un "titanic" est le nom que l’on donne à un bateau de passeur) retracent le chemin de croix des migrants qui traversent en camion un désert de sable brûlant (creusant régulièrement celui-ci pour enterrer les morts de soif) avant d’entreprendre une seconde traversée, cette fois à bord d’un "titanic" qui prend l’eau et dont le moteur, noyé, finira par lâcher.

« Depuis le lever du soleil, le neuvième jour, ils luttaient contre la mort. Au coucher du soleil de ce neuvième jour, ils moururent au bout d’environ une heure. Le deuxième Érythréen décéda le jour suivant, une fois le soleil disparu. On dit que la soif tue juste après le coucher du soleil. La température change, l’air se rafraîchit ou devient plus doux, et l’assoiffé meurt. »

Le monde du travail n’est pas oublié. C’est en Chine, où elle a travaillé à la chaîne, tout comme des milliers d’ouvrières déplacées, pendant plusieurs années, douze heures par jour, dans les usines manufacturières du Sud, que nous emmène la poétesse Zheng Xioqiong.

« sur une machine je rabote la vie, l’avenir affluant
comme les marées, l’amour, la haine, la jeunesse, la désolation que j’ai amassés
se retrouvent ordonnés par la ligne de montage, assemblés deviennent
cet insaisissable
autrefois idéal, avenir, ils s’entrelacent à l’amour, à mes proches qui,
semblables à une branche ancienne et noircie, attendent l’arrivée de quelque printemps
mon passé a déjà plongé dans le ciel azur, resteront les souvenirs comme des astres
évanescents, qui consolent mon cœur tiède et esseulé »

Proses et poèmes se succèdent au fil des pages de ce numéro riche et dense. Comme à l’accoutumée, chaque intervenant(e) est présenté(e) par celui ou celle qui l’a traduit.
La lecture se termine par un "café allongé" où de nombreuses informations, au sujet de publications récentes ou à venir, incitent à prolonger la lecture. En attendant le prochain numéro.

Pour visiter le site de la revue Café, c'est ici 

vendredi 23 janvier 2026

Dissipation

Il est bon, parfois, de savoir s’octroyer une pause, un moment à (et pour) soi, de lâcher prise sans pour autant abandonner ses convictions, de se doter d’une respiration plus souple et de s’ouvrir une parenthèse de vie non dictée par les tensions extérieures. C’est ce que fait Jean-Claude Leroy dans les poèmes qui composent Dissipation.

« comme j’étais triste et démuni
j’ai lu les poèmes de Nanao
et j’ai retrouvé le sourire

ne surtout pas espérer
car c’est déjà un renoncement
et partir marcher le long des routes
au cœur des montagnes ou dans la pluie battante 

éparpillés ou réunis
les miséreux marchent ensemble
pourvu qu’ils soient sans habits »

Si la lecture du poète zen et activiste écologiste japonais Nanao Sakaki, l’auteur du très stimulant Aller léger, a déclenché l’envie d’écrire ces textes, d’autres événements (parfois douloureux, notamment la disparition de quelques-uns de ses proches) ou rencontres fortuites et conseils de sagesse captés à la volée l’ont également incité à rechercher une sorte d’apaisement.

« "ne te laisse pas faire
mais laisse-toi vivre !"

coincé sur un fauteuil roulant
dans un couloir de cet ehpad gris
ce vieillard me livrait sa devise

je l’ai juste regardé
il a souri »

ou encore :

« assis sur le seuil de sa raison
un vieil homme disait :
"les vrais combats
sont dans l’intestin" »

Ses textes réactivent des moments brefs qui n’ont d’autre prétention que de mettre au jour un mouvement de vie ordinaire où pourrait bien se cacher une certaine forme de sagesse, ou tout au moins une harmonie passagère. Cela ne lève pas pour autant ses doutes ("pourrais-je concilier ma vie avec ce renoncement / accepter la mort avant de la connaître / le réveil avant de me coucher ?"). Il doit composer avec ses interrogations, les tenir à l’écart, les raboter, les frotter aux éléments du dehors, à l’ombre, à la lumière, à l’eau surtout (pluie, rivière, océans, gouttières), pour qu’elles ne perturbent pas le bel élan de ces poèmes courts, écrits d’un seul tenant, tissés au plus juste, en un équilibre délicat.

« la tombe
le poème
l’œil
la perle d’eau

sans un seul chiffre
j’énumère le temps »

En dissipant, le temps d’un livre, les brumes tenaces qui pourraient, s’il n’y prenait garde, napper de gris sombre sa pensée, Jean-Claude Leroy s’ouvre un chemin de traverse intuitif et réconfortant. Il sait que la tristesse et la mélancolie ne l’ont pas perdu de vue mais il a réussi à prendre un peu d’avance sur elles.

Jean-Claude Leroy : Dissipation, éditions Lunatiques


mardi 13 janvier 2026

Animaleries

C’est le livre d’un homme en colère, un homme blessé par la maltraitance et la terrifiante souffrance que l’homme fait subir au monde animal. Rien ne semble pouvoir arrêter cette folie meurtrière. Elle se décline de différentes manières, se banalise et passe trop souvent inaperçue alors même que chaque nuit des centaines de camions aux remorques pleines de bêtes à la durée de vie très écourtée sillonnent les routes de l’hexagone pour rejoindre les abattoirs.

Certains pourtant ne se résolvent pas au silence. Ils prennent la parole (d’autres la caméra), disent leur révolte, fouillent, documentent et dressent un constat qui ne peut laisser indifférent. Jean-Pascal Dubost est de ceux-là. Il exprime son indignation en utilisant sa propre langue, solide, concrète, qui puise ses subtilités dans un français ancien tout en restant dynamique et actuelle, langue savamment travaillée qui donne à ses textes poétiques une tension accrue.

« or d’admettre me faut qu’impossible m’est de hanter la douleur animale jusqu’aux atrocités les plus ignobles et les plus viles et abjectes dont seul l’homme est généreux de dons de dire amplement la défaite animale

et force alors m’est que je dise cette déploration mortelle et ma déficience en style plein d’émoi »

Du poussin mâle broyé à la naissance (seules les futures pondeuses auront la vie sauve) à l’oie gavée par pompe hydraulique afin que son foie devienne gros et malade (de stéatose hépatique)) et prêt à la dégustation (miam, miam) pour le réveillon en passant par le homard (ou le crabe) jeté vivant dans une casserole d’eau bouillante ou par le veau anémié (pour garantir une viande blanche) et par le cochon bouclé et castré à vif, puis engraissé et piqué aux antibiotiques, qui ne verra le jour pour la première (et la dernière) fois que coincé, à l’étroit contre ses frères de misère, dans une remorque grillagée à double ou triple pont, la liste est longue des cruautés dont l’homme est capable vis à vis de ceux qui, comme lui, sont pourtant considérés (depuis dix ans seulement) comme « des êtres vivants doués de sensibilité ».

« Il oublie son chien attaché à l’arrière de sa voiture à Montauban oublie ses deux chiens attachés à l’arrière de sa voiture à Charleville-Mézières oublie son chien attaché à l’arrière de sa voiture à Sedan oublie son chien attaché à l’arrière de sa voiture à Carignan oublient à Grisolles leur chienne attachée à l’arrière de leur voiture parce qu’eux échauffés d’alcool et l’usage de raison perdu par yvraison la laissent morte peau écorchée chair arrachée os râpés »

Pour le bien-être animal, il faudra repasser, note-t-il en donnant moult et peu glorieux exemples qui vont, hors pratiques courantes et domestiques, de la chasse à courre à la corrida et des safaris aux sacrifices rituels.

« Pensée pour volailles ovins caprins abattus à date fixe au nom de dieu miséricordiable fors pour l’animal c’est agréé par l’humain sanglant maudit. »

Dans une séquence baptisée Un petit champ de massacres en phrases.net, il reprend en les versifiant quelques dizaines de phrases glanées sur Internet pendant l’écriture de ses Animaleries.

« Les museaux d’élans ont
la réputation
d’améliorer l’immunité et
de prolonger l’espérance
de vie »

(holidogtimes.net)

« Coronavirus :
La Chine autorise un
médicament à
base de
bile d’
ours »

((natura-sciences.com)

D’autres citations suivent qui montrent la détresse de l’animal dont on a détruit, au bulldozer ou lors d’un méga-feu, l’habitat naturel. Quelques sites dénoncent le peu de scrupules des influenceurs et artistes qui utilisent des animaux (exotiques ou pas) pour attiser la curiosité des visionneurs. Hommage est également rendu à Alexander, le poney du théâtre Zingaro euthanasié après une violente chute survenue lors d’une représentation.

« Maltraitance animale :
80 %
des personnes
mises
en cause
sont
des hommes »

(lavoixdunord.fr)

Jean-Pascal Dubost ne lève qu’un coin du voile. "Xuis au regret de ne pas tout dire du pire". Il l’admet (le contraire n’est d’ailleurs pas envisageable) : l’écriture de son livre lui fut douloureuse. On ne peut mentionner la grande et gratuite cruauté de l’homme dit civilisé envers les bêtes (et bien sûr envers ses semblables, auxquels il attribue alors des noms d’animaux) sans en être profondément affecté. Déstabilisant, cet ensemble l’est aussi pour le lecteur. Il n’en reste pas moins nécessaire. Comme l’est la saine colère qui s’exprime en ce saisissant et percutant bestiaire.

Jean-Pascal Dubost : Animaleries L'Atelier Contemporain.